C’est le prix de l’or invisible. Plus de 350 milliards de FCFA, soit environ 614,4 millions de dollars, s’évaporent chaque année des caisses de l’État sénégalais à cause d’un orpaillage artisanal totalement hors radar. Pour stopper l’hémorragie, Dakar passe à l’offensive technologique : le ministère des Mines et de la Géologie et la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) ont scellé le 30 juillet une convention confiant à Synapsys Conseils SA la création d’un fichier biométrique national des orpailleurs, adossé à une carte professionnelle sécurisée et infalsifiable.
L’enjeu se joue à Kédougou, dans le sud-est, qui concentre la quasi-totalité des sites clandestins. Sur place, la production artisanale est estimée à plus de 40 tonnes par an, soit près de quatre fois la production industrielle officielle des mines de Sabodala et Mako. En identifiant qui creuse, où et comment, l’État espère non seulement tracer les flux et fiscaliser la filière, mais aussi la moraliser : lutte contre la pollution au mercure des cours d’eau, sécurisation d’une zone frontalière devenue poreuse aux trafics, et protection sociale pour des milliers de travailleurs jusqu’ici condamnés à l’informalité.












