L’annonce est tombée ce lundi 27 avril : la Chine s’apprête à déverser des tonnes de riz sur le bitume du Port de Douala. Une « bouffée d’oxygène » pour certains, un énième rappel de notre dépendance pour d’autres. Alors que le MINAT s’apprête à orchestrer la logistique de cette cargaison attendue dès le mois de mai, il est temps de poser un regard lucide sur ce que ce don raconte de notre économie.
Le soulagement immédiat
On ne peut nier l’urgence. Dans un contexte de vie chère où le panier de la ménagère ressemble de plus en plus à un panier percé, l’arrivée massive de céréales est une soupape de sécurité. Pour les populations vulnérables et les zones en tension, ce riz est plus qu’une denrée : c’est une stabilité sociale temporaire achetée à prix zéro. Le Port de Douala, poumon économique, va une fois de plus jouer son rôle de porte d’entrée de la survie.
Le miroir de nos insuffisances
Pourtant, cette générosité bilatérale doit nous interroger. Le riz, élément central de notre table, reste l’un des principaux postes de sortie de devises pour le Cameroun. Chaque grain importé — ou offert — souligne le fossé qui nous sépare encore de la souveraineté alimentaire.
Pourquoi, avec des terres aussi fertiles que les nôtres, de la plaine de Ndop aux rives du Logone, le salut doit-il encore venir par conteneurs de l’autre bout du monde ? L’aide alimentaire, si elle est nécessaire pour éteindre les incendies, ne doit pas devenir le combustible de notre endormissement productif.
Au-delà du port de Douala
Le défi ne s’arrête pas au déchargement des sacs sur les quais. La véritable question réside dans la traçabilité. Le MINAT a la lourde charge de garantir que ce don chinois parvienne réellement à ceux qui ont faim, et non dans les circuits informels de revente qui parasitent souvent les élans de solidarité internationale.
En attendant le mois de mai, observons cette cargaison pour ce qu’elle est : une main tendue qu’on ne saurait refuser, mais qui doit surtout nous pousser à renforcer nos propres bras. Car le véritable « Haut Débit » que le Cameroun attend, c’est celui de sa propre production agricole.
Par la Rédaction de Haut Débit
Souhaitez-vous que je développe davantage un aspect spécifique, comme l’impact sur les prix locaux ou la logistique au Port de Douala ?
