• Home  
  • Idris Nfongang Tabi : L’homme qui veut désengorger Ndokoti
- Startups à la loupe

Idris Nfongang Tabi : L’homme qui veut désengorger Ndokoti

À 17h30 au carrefour Ndokoti, il y a deux types de Camerounais. Ceux qui attendent. Et ceux qui klaxonnent dans les embouteillages avec trois places vides à l’arrière. Pendant 3 ans, Idris Nfongang Tabi a regardé cette absurdité. Puis il a codé la solution. Il s’appelle Idris Nfongang Tabi, 28 ans, développeur de Buea, fondateur […]

À 17h30 au carrefour Ndokoti, il y a deux types de Camerounais. Ceux qui attendent. Et ceux qui klaxonnent dans les embouteillages avec trois places vides à l’arrière. Pendant 3 ans, Idris Nfongang Tabi a regardé cette absurdité. Puis il a codé la solution.

Il s’appelle Idris Nfongang Tabi, 28 ans, développeur de Buea, fondateur de Motowa. Sa mission est simple, presque insolente : optimiser les trajets quotidiens de millions de Camerounais sans acheter un seul véhicule.

Et il est en train de le faire.

1. Buea, 2017 : Le laptop qui compile pendant que les autres bavardent

Idris n’est pas le fils d’un ministre. Pas de levée de fonds à 100 millions annoncée sur LinkedIn. Son histoire commence dans une chambre d’étudiant à l’Université de Buea, en 2017. Bachelor en Développement Logiciel.

Pendant que ses camarades rêvent de visas pour le Canada, lui passe ses nuits chez Makonjo Media à apprendre à coder des sites pour 20 000 FCFA. Puis Zinger Systems l’embauche comme ingénieur logiciel. Il y apprend la rigueur. Le code qui ne plante pas quand 10 000 personnes cliquent en même temps.

En 2023, l’Italie l’appelle. Datatellers, une boîte tech de Milan, le recrute en full-stack. Salaire en euros, vie en Europe à portée de main. Il y reste un an. Il y apprend surtout une chose : la technologie la plus puissante n’est pas la plus compliquée. C’est celle qui résout un problème que les gens vivent tous les jours.

Il rentre. Pas par échec. Par clarté.

“En Italie, on optimisait des livraisons de colis avec de l’IA. Au Cameroun, on n’arrive même pas à optimiser une place vide dans une voiture qui va déjà à Yaoundé. Le vrai défi est ici.”

2. 2023 : Motowa naît d’une frustration de 1 500 FCFA

Motowa n’est pas née dans un incubateur. Elle est née d’un trajet Buea – Limbe.

Idris doit se rendre à Limbe. Le taxi de brousse demande 1 500 FCFA, plus 1 heure d’attente pour que la voiture se remplisse. À côté, un collègue démarre sa voiture personnelle, seul, pour la même destination. Il propose à Idris de monter gratuitement. Les deux hommes font le même trajet, l’un perd de l’argent, l’autre perd du temps.

Ce jour-là, il comprend : le Cameroun n’a pas un problème de transport. Il a un problème de coordination.

Il ouvre son laptop. Il ne veut pas créer une autre app de taxi-moto. Il veut créer une plateforme communautaire. Une place de marché de sièges vides.

Motowa est lancée en 2023.

Le principe : tu as une voiture et tu fais Douala – PK14 à 7h ? Publie ton trajet. Tu es étudiant à Soa et tu veux rentrer à Mvan ? Réserve le siège d’à côté. Prix fixé, trajet tracé, pas de négociation sous la pluie.

En langage tech : du covoiturage. En langage camerounais : “On cotise le carburant”.

3. Double vie : Sauver des vies le jour, sauver du temps la nuit

Ce qui rend Idris différent, c’est qu’il n’a jamais mis tous ses œufs dans Motowa.

Le jour, il est développeur principal chez Jalpha Health Tech, une HealthTech qui digitalise les dossiers patients. Il code des solutions qui aident des médecins à ne pas perdre 20 minutes à chercher une fiche.

La nuit, il code Motowa.

Pourquoi cette double casquette est inspirante ? Parce qu’elle casse le mythe du fondateur qui doit tout plaquer. Idris prouve qu’on peut être salarié et bâtisseur. Qu’on peut apprendre à scaler une app de santé le jour, et appliquer la même rigueur à la mobilité le soir.

C’est cette discipline de développeur qui fait que Motowa n’est pas une idée, mais un produit qui marche.

4. Ce qu’Idris nous apprend à tous

Le portrait d’Idris n’est pas celui d’un génie. C’est celui d’un modèle reproductible pour le 237.

Leçon 1 : L’opportunité n’est pas à San Francisco, elle est à Ndokoti. Pendant que tout le monde veut faire le prochain ChatGPT, Idris a regardé le carrefour le plus embouteillé du pays et a vu un business.

Leçon 2 : Ton premier investisseur, c’est ton code. Pas de BA, pas de levée. Il a d’abord construit. Avec ses mains. Une app qui fonctionne vaut mieux que 100 slides PowerPoint.

Leçon 3 : Rentre si tu peux apporter. Il a vu l’Europe, il a appris, il est revenu. Pas par patriotisme Facebook, par opportunité business. Le marché le plus à optimiser au monde est ici.

Aujourd’hui, Motowa est encore une jeune pousse. Elle n’a pas encore 100 000 utilisateurs. Mais chaque jour, elle prouve une chose : la mobilité au Cameroun ne sera pas résolue par plus de voitures, mais par plus d’intelligence dans les voitures qui existent déjà.

Et ça, ça commence avec un gars de Buea qui a refusé d’attendre.

About Us

Le média de référence dédié à l’écosystème de l’entrepreneuriat, de l’innovation et des opportunités au Cameroun et en Afrique. 🚀 Ne lisez plus seulement l’actualité, saisissez-la. 

Email Us: infouemail@gmail.com

Contact: +237 656689812

Sign Up for Our Newsletter

Subscribe to our newsletter to get our newest articles instantly!

Haut Débit  @2025. All Rights Reserved.